01 février 2007 :

Class of 76
texte Fabrice Le Mao, Blast n°15, 2001




Tom “Wally“ Inouye navigue en Frontside air au dessus du coping de “Skatelab“, 2001.

 

Rien de plus pénible que les réunions d'anciens élèves… Sauf quand ils s'appellent Tony Alva, Alan Gelfand, Tom lnouye ou Duane Peters et qu'ils ont décidé de re-skater ensemble, le temps d'une Old School Skate Jam mémorable. Ambiance.

Sueur et crasse, effluves de chili con carne et relents de bière : le 10 février, l'air de rien, dans une ambiance de réunion d'anciens élèves (cancres ?), le skate s'est définitivement réconcilié avec son passé. Nom de code de l'opération : Old School Skate Jam. Pour la première fois en plus de trente ans d'histoire, loin des fastes habituellement déployés pour un tel événement, près de 300 skaters se sont rassemblés autour d'un bowl en bois avec pour seule bonne raison un «Pourquoi pas ?». « Pourquol ne pas revoir tous mes vieux potes et skater avec eux ?» Et c'est ce qu'ils ont fait. Pratiquement tous : les lister équivaudrait à réécrire l'annuaire de l'histoire du skate… De l'inventeur du premier frontside air (Tony Alva) à l'ex-pro reconverti en businessman (Paul Schmidt), du fabricant de truck de la première heure (Fausto Vitello) jusqu'à l'inventeur du ollie (Alan Gelfand), tous ceux qui avaient, entre les 70's et le début des 90's, contribué à rendre Ie skateboatd aussi unique étaient présents. Cette rencontre improbable a eu lieu à Simi Valley, au nord de Los Angeles, le 10 fèvrier. À la demande de nombreux old-timers, plusieurs pros actuels étaient prèsents. Mike Vallely resta un long moment dans un coin du bowl, visiblement tout penaud d'être en présence des parrains du skateboard moderne. Tandis qu'Omar Hassan, Jaya Bonderov et surtout Brian Patch enchaînaient les runs parmi des vieux loups plus gentlemen que snakers, Tony Hawk, une flopée de kids à ses trousses, avançait péniblement entre les groupes qui se formaient spontanément. Il se résolut enfin à prendre le temps nécessaire pour signer tous les autographes des… fils de ses anciens héros. Quand il eut fini, c'est vers Eddie "El Gato" Elguera qu'il se retourna en lui avouant qu'il était sa première vraie idole. Est-il vraiment besoin d'une excuse pour réunIr tout ce que l'histoire du skate compte de personnages-clés ? Cette question, Todd Hubber, Eric "Arab" Groff et toute l'équipe de Skatelab ne se la sont même pas posée avant d'appeler ces héros qui ont pavé la route. Celle d'un skate moderne qui reconnaît et honore ses racines…

« EXCUSES »

Immanquablement, même dans cette pléthore de skaters de légende, on ne peut s'empêcher de chercher un visage, de réclamer un nom. « As-tu vu Jay Adams ? » « Aaahhh, Si Hosoi était là… ». Rares étaient les absents. Mais, effectivement, il manquait quelques têtes. Stacy Peralta, par exemple, était en pleine négociation pour la distribution internationale du très attendu Dogtown, The Movie. Shogo Kubo, prévenu trop tard, n'avait pas pu se libérer à temps… et une rumeur concernant sa santé semblait vouloir courir. Et puis il y a les excusés pour cas de force majeure. Jay Adams, natural born skater par excellence, purge une peine pour trafic de stupéfiants dans une prison hawaiienne, tout comme ce showman qu'était Christian Hosoi. Jesse Martinez traverse une période de probation qui le cloue chez lui.
Quant à Mark “Gator“ Rogowski,  c'est à perpètuité qu'il est retenu depuis quelques années déjà dans une prison de la banlieue de San Diego pour une histoire de meurtre qu'il commit sous l'effet conjugué d'une grosse fatigue, d'un peu de stupéfiants et de la découverte tardive de religion prise à très haute dose (à moins que ce ne soit le contraire). On aurait bien aimé vous voir là, les gars !

Y’A PLUS D'JEUNESSE…

Les vieilles articulations se sont dérouillées. Le style coule à flots dans les veines de ceux qui ont inventé le skate. Duane Peters démontre qu'il est encore digne de son surnom « Master of Disaster », tandis que Tom « Wally » lnouye retrouve la grâce de ses frontside airs. Mike Smith, inventeur du smith grind et du smith vert, replaque les plus beaux backside disaster de l'histoire. Brian Patch, sans doute trop heureux de pouvoir skater parmi les légendes, droppe plus qu'à son tour, laissant par la même occasion ses propres héros sur le carreau. En pleine session, Eric "Arab" Groff descend au centre du bowl et demande aux plus jeunes de laisser les plus vieux skater tranquillement. Une brise glaciale semble parcourir la plateforme. Pensez-vous que ces adultes responsables approuvèrent ? Dans un coin obscur de la plateforme, Tony Alva, le visage à moitié caché dans sa capuche, met ses mains en porte-voix et hurle «Fuck you ! Everybody skate ! Everybody who want to skate will skate ! Everybody skate ! » La réponse est immédiate. Une armée de verres et de poings se lève avec un « Yeahh » à faire frémir les plus rouillés. Dogtown attitude.

« MEMORABILIA » ET SPEEDLINES

Des pros connus et reconnus avec des magazines sous le bras surpris comme des gamins en pleine chasse à l'autographe. Des planches de collection noircies par les signatures. Le Old School Skate Jam était autant l'occasion de skater le bowl que de raviver les vieux souvenirs (voire les vieilles inimitiés). Entre la chasse aux « mémorabilias », ces souvenirs de valeur qui ornent aussi bien les murs des collectionneurs que les vitrines des musées californiens et la session infernale dans le bowl, certains, comme Lance Mountain qui se baladait avec une affiche Variflex déjà à moitié noircie et qui n'arrêtait pas de remonter ses sourcils en poussant des « Je rêve, je rêve » d'exclamation, avaient du mal à choisir. Glen E. Friedman signa plus d'éditions de ses livres qu'il n'en croyait possibles. John Lucero, boss de Black label, avait fait fabriquer une série limitée de plateaux avec l'inscription « Oldschoolskatejam, Thanks for the memorabilia ». D'autres comme Aaron Murray et Eric Dressen, Dogtowners de la seconde génération, dessinaient des lignes à une telle vitesse que leur carrière pro pourrait encore être d'actualité. Amusant de voir certains vieux pros venus pour parler du bon vieux temps et d'autres pour prouver que le temps est autant un concept qu'une réalité.

UNE PROCHAINE ?

Cette idée perdue lancée deux mois avant sa réalisation est amenée à devenir un grand classique. Face au succès de cette première édition du Old School Skate Jam, Todd Hubber et Eric "Arab" Groff ont promis une seconde édition pour l'année prochaine, débutant plus tôt dans la journée pour que tout le monde ait le temps de faire de vraies retrouvailles. Si le skate était considéré comme un sport noble, le Old School Skate Jam serait considéré comme l'événement de l'année. Seulement voilà, le skate n'est pas un sport noble… Et selon le bon mot de Skip Engblom (original Z-Boy et créateur de Santa Monica Airlines) : «Merci, mon Dieu, le skate n'est pas un sport. Et n'oubliez jamais cela ! »

   
   
   
   
   
   
   
  14 février 2007 :  
 
Logo ? et Sirocco sont partenaires de la FOSSJ #2
 
   
  Dans les années 80, B. Rouland et C. Bétille ont écrit les plus belles pages du Team Holly/Rhône-Poulenc. En 2007, ils ont changé de sponsor mais volent toujours au dessus du coping !  
   
  18 février 2007 :  
   
  Le skate “Old School" est la tendance de ce printemps.
Mais gare aux contrefaçons, un festival old school sans Rika Zaraï et Patrick Topaloff, y'a de quoi rigoler doucement…
Un bon bain de siège suivit d'un lavement et tout ça sera oublié !
 
   
  23 février 2007 :  
  Rika 'n' roule !
 
   
 


Super skate

(1978-Jean-pierre Dauteuil / Charles Level / Rika Zaraï)


S'amuser dans la ville
C'est difficile
On reste enfermé eh eh eh !
On reste enfermé
Il nous faut de la place
Beaucoup d'espace
Pour nous amuser - eh eh eh !
Pour nous amuser

Pour aller faire du skate,
Prends tes baskets
Et laisse-toi glisser - eh eh eh !
Laisse-toi glisser
Sur la planche à roulettes
Rien ne t'arrête
Et c'est la liberté - eh eh eh !
C'est la liberté

Sur un pied, sur les mains
[Skate, skate, skate-board !]
A l'endroit, à l'envers
[Skate, skate, skate-board !]
Le free-style te va bien
[Skate, skate, skate-board !]
C'est extra, c'est super

As tu serré ton casque et tes genouillères?
Es-tu bien rembourré, si tu tombes en arrière?
As tu serré ton casque et tes genouillères?
Es-tu bien rembourré, si tu tombes en arrière?
Fais du catamaran
Sans tomber par terre
Sans toucher les toutous
Ni pousser les mémères

Pour aller faire du skate,
Prends tes baskets
Et laisse-toi glisser - eh eh eh !
Laisse-toi glisser
Sur la planche à roulettes
Rien ne t'arrête
Et c'est la liberté - eh eh eh !
C'est la liberté

En slalom et en saut
[Skate, skate, skate-board !]
Tu n'as pas ton pareil
[Skate, skate, skate-board !]
Tu es comme un oiseau
[Skate, skate, skate-board !]
Aux pieds, tu as des ailes

Pour aller faire du skate,
Prends tes baskets
Et laisse-toi glisser - eh eh eh !
Laisse-toi glisser
Sur la planche à roulettes
Rien ne t'arrête
Et c'est la liberté - eh eh eh !
C'est la liberté

 
   
  Le mois prochain, ne manquez pas le premier article de fond consacré à notre mascotte 2007, la sulfureuse "Skateboard Mama" !  
     
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