Skatepark du Prado : Le premier contest de 1991 dans "Anyway" n°8 !

 
   
 

Le tréfle d'aujourd'hui était encore associé à un combi-pool et on n'appelait pas encore les arials, des tirettes…

 

Olivier Rollina, vainqueur dans la catégorie "Expert".
(Documents extraits de "Anyway", 1991)


La Planète Mars

 

(Documents extraits de "Anyway", 1991)
Remerciements : Pata Éric


Qu’est-ce qui vous fait venir ici ?
Spectateur (45 ans) : Le cadre, la mer, l’architecture, le dessin des courbes, c’est trop beau, une piscine de milliardaire pour tout le monde. Ici, ça me rappelle ma jeunesse. Le mouvement est très beau, c’est du rêve, de la liberté…

Pourquoi skater ici ?
Gérard, skater,(30 ans) : Ici je respire, je fais 30 km tous les jours pour venir. Ici, c’est l’anti-décor, le beau béton, ce n’est pas New York, il faut baisser les yeux pour le voir. J’ai abandonné le foot à cause de la mentalité, la planche à voile, trop contraignante, pour le skatepark. Et puis ici, même quand tu prends une gamelle, il y a toujours quelqu’un à qui causer, une fille, un mec, un vieux. Ici tu carves et tu vis.

La raison de ta présence ?
Béatrice, jolie fille (18 ans) : Je viens parce que c’est beau, il y a du monde, ça bouge et en plus, il y a des beaux mecs !

Alexandre Giannotti, quinze ans et demi de skate, ¼ de finale du Critérium de France (ollie b-side nose blunt to nose step revert sur le spine, ollie tail grab smash…). Il joue dans la cour des grands.

Qu’est-ce qui te fais rêver dans le skate, décris-nous des images…
Une grande plage, des filles, des couleurs gaies, du monde, de l’eau, des boissons, un fast food, un skatepark géant plein de courbes, plein de skaters qui délirent, des trajectoires. C’est le sentiment de voler qui me plaît.

Qu’est-ce qui te fait venir ici plus qu’ailleurs ?
Je viens au skatepark parce qu’il y a plein de copains, c’est trop sympa. Je m’y sens bien. Il y a une bonne ambiance.

Le skatepark, un bon spot ?
Oui, cela a développé le skate et cela restera. Il faut en faire d’autres comme celui-ci, ce serait le paradis. Et puis il y a plus de possibilités dans un skatepark. Ici tout s’enchaîne. En rampe, c’est des lignes, là tu peux tout faire : street, bowl, curves, ollies, flat tricks. Tu vas n’importe où, c’est mieux que les éléments séparés. Si je devais tourner sur une mini, je m’ennuierais terriblement.

Qu’est-ce tu fais en dehors du skate ?
Du foot (rire).

Pourquoi tu ris, tu as honte ?
Heu… Parce que les skaters ne font pas de foot.

Pourquoi ?
À cause du mauvais esprit des footballers et des autres sports d’équipe. Le skate c’est trop bon, tu fais ce que tu veux, il n’y a pas d’entraîneur, c’est gratuit. Personne pour t’imposer quelque chose, c’est un monde totalement libre, il y a pas les parents pour t’embêter. C’est la liberté totale.

As-tu conscience qu’un tel skatepark libre d’accès, allumé la nuit, n’existe pas aux USA ?
Oui, c’est des skateparks en bois, payants, situés dans des trous perdus. Le problème, c’est qu’on croit toujours que ça existe aux USA. C’est pourquoi ici, j’en profite à fond.

Un mot pour ceux qui ne connaissent pas le park ?
essayez, ça va vous plaire et le jour où vous viendrez, vous ne le lacherez plus et vous ferez des choses impossibles sur une mini…

Stéphane André est une figure incontournable du skate marseillais et a récemment remporté le Critérium de France dans le skatepark de Marseille. Il est sponsorisé par Zorlac et aidé par la marque Alhoa.
Pourquoi as-tu commencé le skate ?
c’est les photos de Hosoi, je voulais voler comme lui…

Qu’est-ce que le skatepark a changé dans ta vie ?
Mon état d’esprit, ma façon de penser… Mon emploi du temps. Je n’ai plus à chercher chez les autres (Toulouse, Amsterdam…). J’ai même plus encore que ce que je recherchais. Ce n’est pas un skatepark, c’est un lieu de vie. Je vois même des gens venir quand il n’y a personne, ils regardent les corbes. C’est un lieu anti-stress.

Pourquoi tu ne continues pas la rampe ?
La rampe, c’est obsolète, ici, c’est l’avant-garde. C’est mieux, ça fait toutes les tailles, je peux voler, faire des gros catchs et en plus il y a le curve… Oui, le curve, c’est toi la machine, tu maitrises ta vitesse comme le goéland qui se sert de l’air pour glisser et délirer. Et bien nous, dans le skatepark, c’est pareil, on se sert du relief dessiné par l’architecte, sans toutefois subir la piste comme les mecs qui font du bobsleigh par exemple (on le voit bien quand ils tombent, ils ne sortent pas de la piste).

Tu veux dire que les skaters maîtrisent l’espace architectural dans lequel ils évoluent ?
Oui, c’est ça, avec cette forme architecturale on apprend à maîtriser les ollies, les airs, sans le danger du hang up des rampes : il y a assez d’élan et de recul pour contrôler ta vitesse. Le hip, ça fait aimer les petites hauteurs aux ramp-riders. Comme en plus tout est fermé, c’est grand, tu passes de courbe à courbe et tu prends de la vitesse où tu veux. Je trouve qu’il n’y a pas plus bel instrument que le skate pour dessiner des courbes.

Décris-nous le park de tes rêves…
Heu… je tiens à féliciter l’architecte, un skater, je crois qu’il a tout compris et si vous devez faire un skatepark, adressez-vous à lui. Le park de Marseille, c’est un rêve éveillée, il me convient parfaitement et en plus je le trouve sexy.

Propos recueillis par Jean-Pierre Collinet.

 
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